Siegfried Burgeot

Entre auto-entrepreneur et salariat : Webarchitect

Etre salarié n'empêche pas d'avoir une âme d'entrepreneur. Siegfried Burgeot, 34 ans, en est le parfait exemple. Cela fait deux ans qu'il jongle entre son emploi de web­master au CRIJ de Poitiers et une activité en free lance de création de site internet et de formation dans le domaine informatique.

« J’étais énormément sollicité par le biais de mon entourage pour créer des sites. Comme les demandes allaient au-delà du simple coup de main, il était important d’avoir une struc­ture officielle pour mener cette activité en pa­rallèle de mon emploi. Je me suis donc mis en portage salarial »

L’arrivée du nouveau sta­tut d’auto-entrepreneur a été une aubaine pour lui. Auparavant, il était limité par une durée légale de 12h de travail maximum en plus de ces 35h de salariat. Maintenant, avec son nouveau statut, Siegfried n’est plus contraint par le nombre d’heures mais par rapport à un chiffre d’affaires maximum. Il ne doit pas dépasser 32000 euros sur l’an­née. Son auto-entreprise a ainsi vu le jour en janvier, son nom : Web Architect .

Le parcours scolaire de Siegfried ne le desti­nait pourtant pas à travailler dans le monde du web et de l’informatique. Avec un bac professionnel gestion de chantier en poche, celui-ci était plutôt voué à évoluer dans le secteur du bâtiment. C’est le service militai­re, réalisé comme objecteur de conscience, qui a décidé de son destin. Pendant plus d’un an il a officié au CRIJ comme vendeur de billets de train, puis, il a travaillé dans une agence de voyage avant de re­venir au CRIJ. « Ces différents emplois m’ont initié au monde de l’informatique et à la pratique d’internet. C’est véritablement devenu une passion qui dévore mon temps libre. Je suis toujours à l’affût des dernières nouveautés.» Autodidacte donc, il est aujourd’hui agent web au CRIJ chargé de déve­lopper un système d’informations destiné aux jeunes. « Dans cette mission je suis l’interface entre les jeu­nes qui ont des besoins et les techniciens qui sont capables de concevoir des outils pour y répondre. » Web Architect répond aux mê­mes objectifs. « Je m’inscris pour cela dans la philosophie qui est de ne faire payer au client que les services. Pour ce faire, je travaille avec des logiciels libres. Suivant les besoins je fais intervenir des ressources, comme des graphis­tes ou des développeurs indépendants. La création du site n’est pas une fin en soi, le but est que le client soit en mesure de l’adminis­trer lui-même. C’est pourquoi à chaque pres­tation je préconise de la formation. L’intérêt d’un site est, avant d’être joli, qu’il soit vivant avec du contenu et du « buzz » autour. » Les clients de Web Architect sont essentiel­lement des associations et des porteurs de projets, ou jeunes créateurs d’entreprise. Ce sont des publics qu’il connait bien car il est entre autres formateur au sein de l’Atelier de la Création de l’Université de Poitiers. Si les affaires marchent plutôt bien pour Siegfried, il n’est pas encore tout à fait prêt à se lancer dans le monde de l’entreprise. « Plusieurs raisons expliquent cela. D’une part je n’ai pas encore fini ma mission au CRIJ et d’autre part, je veux voir quels seront les effets de la crise sur mon activité. Aujourd’hui j’ai la chance de tester mon projet tout en étant salarié, c’est un vrai luxe. Je pense, si tout va bien, sauter le pas d’ici 2010 en créant une SCOP avec un ami graphiste de Rennes », conclut Siegfried.

Aujourd’hui j’ai la chance de tester mon projet tout en étant salarié, c’est un vrai luxe. Je pense, si tout va bien, sauter le pas d’ici 2010 en créant une SCOP avec un ami graphiste de Rennes »

Contact :
www.webarchitect.fr